Exposition

Orages de papier. La Grande Guerre des médias

Du 22 octobre 2010 à 09h00 au 16 janvier 2011 à 19h00

Commissaires de l’exposition 

Aldo Battaglia, Magali Gouiran

Fruit d’un partenariat franco-allemand établi entre la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU), la Bibliothek für Zeitges­chichte / Württembergische Landesbibliothek (BfZ / WLB), la Bibliothèque nationale de France (BnF) et la Bibliothèque de documentation inter­nationale contemporaine (BDIC) (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense), l’exposition « Orages de papier » a été présentée au Mu­sée d’Histoire Contemporaine du 27 octobre 2010 au 16 janvier 2011, après avoir été montrée au public strasbourgeois et allemand.

Elle rassemble les collections de guerre de qua­tre institutions qui ont en commun d’avoir su collecter, dès les prémices du conflit, une riche documentation autour de la Grande Guerre.

Le sujet de l’exposition, résolument inédit, permet d’avoir une vision complète de la propagande déployée autour du premier conflit mondial du 20e siècle et de comprendre ainsi comment les orages médiatiques se sont abattus sur ce conflit avec une ampleur sans précédent.

Cette approche globale envisage la pro­pagande à travers la double question de sa production et de sa réception dans l’opinion.

Le parcours qui va de l’affiche et des tracts aux images filmées interroge la nature même des supports de com­munication et leur utilisation comme arme de guerre redoutable au coeur de ce qui est aussi une grande guerre médiatique.

C’est la première fois que la propa­gande de masse utilise ainsi toutes les ressources techniques des nouveaux médias de l’ère industrielle (photo et image animée). Le développement des grands médias contemporains prend ici sa source.

Si elle aborde le sujet délicat de la manipulation de l’information, cette exposition est aussi l’occasion de dé­couvrir les documents exceptionnels et rares que constituent les journaux de tranchées ou bien encore les car­nets intimes et lettres de poilus.

Une propagande de masse est mise en place dès le début du conflit. Elle vise à informer les populations par le biais d’avis et de placards mais également à mobiliser l’arrière, grâce aux affi­ches illustrées appelant notamment à l’effort de guerre. L’un des moyens de propagande les plus spectaculai­res reste le tract largement diffusé en direction des lignes ennemies.

L’ensemble des journaux, destinés aux troupes ou à l’arrière, participe également de cette manipulation contrôlée par les autorités militai­res. Caractéristiques de la première guerre mondiale, la plupart des jour­naux de tranchées écrits par et à des­tination des soldats sont destinés à entretenir le moral des troupes et, de ce fait, font l’objet d’une censure des autorités. Les lettres ou journaux in­times de soldats reflètent également cette reconstruction biaisée de la réalité du front même si quelques té­moignages semblent s’attacher à en traduire l’horreur.

L’image s’affirme également comme un relais essentiel de la propagande écrite. Les cartes postales maintien­nent le contact entre le front et l’arriè­re tandis que les photographies, là en­core contrôlées et censurées, donnent l’illusion d’une guerre propre. En pa­rallèle, le cinéma patriotique affirme son pouvoir d’influence. Des formes artistiques anciennes sont remises à l’honneur au cours du conflit. C’est la dernière fois que la peinture est ainsi utilisée dans un conflit international, la photographie la supplantant rapi­dement. Nombreux sont les peintres, tels Félix Vallotton ou Maurice Denis, qui sont envoyés en mission aux ar­mées et chargés d’en rapporter des témoignages artistiques. La chanson populaire aussi, essentiellement pa­triotique, bénéficie d’une diffusion inédite grâce au disque.

Pendant parfait des « orages d’acier » et de leur cortège de brutalités, les « orages de papier » se déchaînent enfin dans le domaine de l’édition entièrement impliqué dans la guerre totale et appuyant l’effort de la nation en guerre, mobilisant savants, écri­vains, historiens…