Peinture représentant des soldats de la première guerre mondiale
(Église de Lassigny, juin 1917), Henri Achille Zo, 1917 - OR PE 51

Collections

Les collections de la Contemporaine représentent un patrimoine documentaire d’environ 4,5 millions d’unités, d’une grande diversité et sur tous les formats – papier, analogique et numérique – sur l’histoire d’un grand XXe siècle, de la Commune à aujourd’hui. La Contemporaine est autant réputée pour sa richesse dans le champ des relations internationales que pour la composition originale de ses fonds, alliant écrit et image.

Dès 1934, la bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) avait mis en avant la notion de documentation. Aujourd’hui, la Contemporaine utilise plutôt le terme de « matériaux de la recherche » permettant d’inclure des documents aux supports très divers, y compris sous forme numérique, sources pour la recherche, littérature grise ou bibliographie secondaire.

Bibliothèque inscrite au dispositif national des CADIST (centre d’acquisition et de diffusion de l’information scientifique et technique) dans les années 1980 en tant que pôle documentaire national de l’enseignement supérieur pour le domaine « Relations internationales et monde contemporain », elle est devenue « bibliothèque délégataire » dans le dispositif national CollEx-Persée en 2017.

En 2020, elle revoit sa charte documentaire, qui définit les cadres intellectuels au sein desquels se font les acquisitions, en complémentarité avec les autres établissements de l’Enseignement supérieur et de la recherche français.

La charte se fonde sur les principes suivants, qui encadrent les modalités de collecte des fonds de la Contemporaine :

  • l’acquisition et la conservation des matériaux documentaires de la recherche ou des sources documentaires primaires ;
  • l’inscription dans des axes thématiques pluridisciplinaires resserrés, dans une perspective internationale (guerre, conflits, sorties de conflits ; exils et migrations ; empires et décolonisations ; droits de l’homme et mobilisations citoyennes ; histoire des relations internationales) ;
  • un travail de collecte de l’histoire immédiate en réseau avec les chercheurs et les autres établissements documentaires ;
  • une attention portée à la visibilité en ligne des ensembles documentaires thématiques dans ces spécialités (numérisation, cartographie et indexation).

Pour l’ensemble des collections, la Contemporaine privilégie les aires géographiques suivantes : France, Europe, Russie, mondes méditerranéens, Amériques du Nord et du Sud. Pour les autres continents (Asie, Afrique subsaharienne, Océanie), la prospection varie selon l’importance qu’ils ont eue au cours des XXe et XXIe siècles dans les périodes de conflits, de décolonisation et de mobilisations politiques (voir charte documentaire, p. 16).

Les collections se concentrent par ailleurs sur la période de 1914 à nos jours et peuvent accueillir ponctuellement des documents relevant de la deuxième moitié du XIXe siècle, thématiquement cohérents.

Chiffres clés

d’unités documentaires dans les collections de la Contemporaine

d’imprimés conservés dans la bibliothèque
de photographies dans les collections du musée
documents numériques accessibles via l’Argonnaute
affiches conservées du XIXe au XXIe siècle
d’archives écrites de fonds privés collectés depuis 1934
fonds de particuliers (militants, chercheurs, témoins)
fonds de collectivités (associations, partis, ONG, etc.)

Les fonds se partagent entre trois unités : une bibliothèque, un centre d’archives et un musée.

La bibliothèque est composée de trois millions d’imprimés, de rayonnement international, avec des ensembles uniques de presse et de littérature grise, ainsi que des collections académiques de haut niveau dans différentes langues. La politique documentaire cible les documents officiels, les témoignages, les écrits issus de l’expression militante. La plupart des langues européennes sont représentées ; les langues d’Europe centrale et orientale occupent une place importante (30 % des acquisitions). La collection de périodiques compte aujourd’hui environ 50 000 titres, dont près de 30 000 ne sont conservés qu’à la Contemporaine parmi toutes les bibliothèques de l’enseignement supérieur. Cet ensemble d’environ vingt kilomètres linéaires constitue la deuxième collection de périodiques en France après celle e la Bibliothèque nationale.

Le centre d’archives est structuré autour de fonds privés, qui lui sont donnés ou confiés en dépôt. Ces fonds proviennent de personnes physiques (archives d’acteurs ou témoins de l’histoire en raison d’engagements politiques, associatifs et/ou intellectuels ; archives personnelles d’ordre professionnel ; archives documentaires résultant de travaux de recherche inscrits ou non, totalement ou en partie, dans un cadre académique) ou de collectivités (groupements politiques, organisations non gouvernementales, associations, collectifs, organes de presse, maisons d’édition, etc.). De nature très variée, ces archives regroupent par exemple de la correspondance, des notes ou des manuscrits éventuellement inédits, des dossiers de tracts, des archives documentaires, documents iconographiques (affiches, photographies, etc.). La littérature grise y tient également une place importante (bulletins associatifs, rapports internes, notes de travail, etc.). Depuis le début des années 1990, le centre collecte également des archives orales et audiovisuelles, produites par l’institution, avec les chercheurs, dans le cadre de programmes particuliers ou avec les donateurs/déposants de fonds d’archives à des fins de documentation/contextualisation. Ouvertes au public en 1994, les collections audiovisuelles qui intègrent les matériaux rassemblés, dès 1914, par le couple Leblanc – films et disques de discours politiques, chants engagés – couvrent la vie intérieure et la politique extérieure des États aux XXe et XXIe siècles.

Les sources muséographiques rassemblent des peintures, des gravures, des dessins, des sculptures, des affiches politiques et des photographies (plus d’un million d’unités). À côté de l’actualité politique et sociale et des bouleversements sur la scène internationale au XXe siècle, le musée est particulièrement bien doté en œuvres d’artistes combattants ou envoyés en mission par les pouvoirs publics lors de la première guerre mondiale. La deuxième guerre mondiale est particulièrement bien représentée parmi les estampes, peintures et dessins. Les collections de photographies de la Contemporaine sont de leur côté articulées autour des grands conflits du XXe siècle, des deux guerres mondiales aux affrontements en ex-Yougoslavie, en passant par la guerre civile espagnole et la guerre d’Algérie. Parmi les objets conservés, une grande partie de la collection porte sur la Grande Guerre (fonds de médailles, vaisselle patriotique, artisanat de tranchée, etc.). Le musée privilégie désormais la collecte de documents mettant l’accent sur l’affiche et le graphisme politique, la photographie et le dessin de presse.

Présentation par typologie

Ancrées dans l’élan initial de la collecte fondatrice du couple Leblanc, les collections imprimées de la Contemporaine constituent un ensemble documentaire exceptionnel, fort de près de trois millions de documents. Les 48 000 titres de presse et de revues en représentent incontestablement l’un des points forts, dont la singularité tient à la richesse de la presse internationale et française d’information, politique, militante ou associative.

Depuis leur origine, les acquisitions témoignent d’une large couverture linguistique : aux côtés du français, l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le russe, l’italien et les langues d’Europe centrale et orientale sont largement représentés. Elles ciblent en priorité les sources documentaires : archives éditées, presse, littérature grise, témoignages publiés et publications militantes, clandestines ou informelles, souvent à faible tirage ou hors circuit commercial. En complément, la production académique est suivie de manière sélective, dans le respect du partage documentaire francilien.

Pour explorer la richesse des collections imprimées, plusieurs outils s’offrent au lecteur, à commencer par le catalogue en ligne. L’Argonnaute, bibliothèque numérique de la Contemporaine, propose l’accès à de nombreux corpus de périodiques : journaux de tranchées et presse de la Première Guerre mondiale, journaux du front en 1939-1940, presse des camps de prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale, titres russophones de la première moitié du XXe siècle, presse de l’exil brésilien et plus largement de l’immigration latino-américaine, polonaise, russe et ukrainienne.

Les collections photographiques de la Contemporaine, regroupées au sein du département du musée, comprennent environ 1,2 million de pièces. Essentiellement documentaires, elles constituent, en résonance avec les autres fonds de la Contemporaine, des sources à part entière pour l’histoire contemporaine, en se concentrant plus particulièrement sur les thématiques de l’institution, de la Commune à aujourd’hui.

Négatifs, plaques de verre, planches-contacts, diapositives ou tirages sont ainsi répartis entre divers fonds et collections :

  • des fonds de photographes (Élie Kagan, Monique Hervo, Didier Lefèvre etc.) et de collectivités (France-URSS, Section photographique de l’armée, etc.) ;
  • des collections par support (tirages, albums privés, plaques de verre, diapositives et cartes postales) ;
  • une collection de photoreportages, classés par auteur.

L’ensemble est décrit dans le catalogue Calames et accessible en salle de lecture et, pour certains fonds, sur l’Argonnaute, la bibliothèque numérique de la Contemporaine.

Composée de plus de 80 000 affiches, la collection conservée à la Contemporaine débute avec la Commune de Paris en 1871 et couvre une grande partie de l’histoire du XXe siècle et du début du XXIe siècle.  Elle illustre notamment les événements politiques et sociaux, nationaux et internationaux, les actions militantes, les campagnes de propagande, les deux guerres mondiales, mais aussi l’affaire Dreyfus, la révolution russe, la montée du fascisme et du nazisme, ainsi que la guerre d’Espagne.  

La collection s’est étoffée d’affiches témoignant des conflits et des luttes sociales de la deuxième moitié du XXe siècle : les guerres de décolonisation, le pacifisme, le mouvement contre la guerre du Vietnam, l’anti-impérialisme, le féminisme, les grandes mobilisations politiques et électorales dans leurs dimensions internationale et nationale, présentant une grande richesse graphique, comme les affiches polonaises, américaines ou cubaines. Des ensembles remarquables s’y distinguent : les affiches de l’OSPAAAL (Cuba) ou, en France, de l’Atelier populaire des Beaux-Arts et des Arts-déco en mai 1968.

La Contemporaine cherche à accoler aux grands noms de l’affiche tels Jules Grandjouan, Bernard Villemot, Paul Colin ou encore Jean Carlu représentés dans ses collections, la production d’affichistes de la fin du XXe siècle comme Claude Baillargeon, Michel Quarez, Grapus en documentant leur œuvre par des matériaux de travail, maquettes, archives, etc.  Avec la volonté de documenter l’histoire en train de s’écrire, la Contemporaine poursuit un travail de collecte et d’achat de corpus d’affiches représentant la création graphique d’aujourd’hui et ses liens avec l’engagement politique. Elle conserve le travail de graphistes contemporains comme l’atelier Youpi, Dugudus, Sébastien Marchal, Clément Valette, ou encore Vanessa Vérillon, sur les sujets qui animent notre époque tels que l’écologie, l’antiracisme, les droits LGBTQIA+, etc.

La Contemporaine conserve plus de 700 peintures et environ 40 000 dessins qui évoquent principalement la vie politique et sociale française et étrangère ainsi que les bouleversements de la scène internationale au XXe siècle. Plus des trois quarts de ces œuvres sont consacrées aux deux guerres mondiales. Ces fonds comprennent de nombreux dépôts consentis par le Centre national des arts plastiques (CNAP). Ces prêts d’État intervenus entre 1914 et 1945 se composent de 128 peintures et d’environ 1 200 dessins d’artistes d’envergure tels que Pierre Bonnard, Maurice Denis on encore Félix Vallotton.

À cet ensemble s’ajoute également une importante collection de plus de 14 000 estampes, dont 8 000 en album. Recouvrant différents styles et techniques, elles illustrent les conflits français et internationaux du 20e siècle avec, du fait de l’histoire de l’institution, une prééminence de la première guerre mondiale.

Parmi ces collections, on trouve un ensemble de plus de 500 estampes chinoises, pour la plupart des gravures sur bois, évoquant la Chine avant l’avènement de Mao-Tsé-Toung (1930-1947) et la guerre civile (1945-1949). Il comporte entre autres des gravures de Na Wei, Li Tch’ Ouen-Song et d’autres artistes contemporains des événements.

Composée de 140 sculptures, la collection comprend des bustes, des statuettes et figurines, des médaillons, des bas-reliefs, ainsi que des maquettes en plâtre ou des études destinées à la création d’œuvres monumentales dont quelques-unes destinées à orner l’espace public.

Plus de 5 000 objets sont conservés dans les collections de la Contemporaine. La Grande Guerre occupe une place à part dans cet ensemble avec notamment, plus de 2 000 médailles de table, dont 724 médailles, environ 1 100 pièces de céramique patriotique, 400 objets issus de l’artisanat de tranchée ainsi que 600 lots d’insignes.

Grâce au don de l’Association des déportées et internées de la Résistance (ADIR) comprenant principalement des archives, le musée conserve 130 vêtements et objets ramenés par des femmes déportées et provenant, notamment, du camp de Ravensbrück.

Le fonds Pétain de la Contemporaine est constitué de près de 200 objets offerts par les services de Vichy ou de cadeaux qui ont été remis à Pétain par des élèves des écoles, des chantiers de jeunesse, des municipalités et des corporations.

Au nombre des objets emblématiques conservés figurent les marionnettes du « Bébête Show » dont un certain nombre sont présentés au musée des arts de la marionnette – Gadagne de Lyon.

La Contemporaine ne conserve que des archives privées, fonds de particuliers, hommes ou femmes (militants politiques, syndicaux ou associatifs, avocats, historiens, journalistes, etc.) et archives de collectivités (associations, partis, collectifs divers, etc.) engagés dans l’histoire politique et sociale, française et internationale, des XXe et XXIe siècles, ou, à divers titres, témoins de cette histoire.

Depuis les années 1990, la collecte des fonds d’archives écrites — environ 2 kilomètres linéaires — toujours très active, est complétée par celle d’archives orales et audiovisuelles, sur tous supports (supports analogiques ou fichiers numériques). Elle est enrichie aussi, désormais, par la sauvegarde d’archives nativement dématérialisées. Ces archives sont toutes rassemblées en fonction d’une même politique documentaire, partagée également avec les deux autres départements de collections.

Quel que soit leur support, les archives sont décrites dans des inventaires, consultables en ligne dans le catalogue Calames. Ce catalogue est interrogeable par mots-clefs mais il est également possible de le feuilleter, afin d’avoir une vision d’ensemble des fonds conservés. Les inventaires donnent toutes les informations disponibles sur chacun des fonds (volume, contenu, historique du « producteur », conditions d’entrée à la Contemporaine, etc.).

Une fois repérées à partir de la lecture de leurs inventaires, les archives sont consultables en salle de lecture, en principe librement, mais parfois après autorisation. Les règles de communication des fonds sont précisées, pour chacun d’entre eux, dans l’introduction de leur inventaire.

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